Statistiques des scribes médicaux IA ambiants (2026) : 55+ Points de Données sur le Gain de Temps, l'Épuisement Professionnel et l'Exactitude des Notes

Statistiques des scribes IA ambiants 2026 : l'épuisement des cliniciens passe de 51,9% à 38,8% en 30 jours, gains de temps, travail hors horaires et consentement.

Après 30 jours avec un scribe IA ambiant, la part des cliniciens déclarant un épuisement professionnel est passée de 51,9% à 38,8% dans six systèmes de santé américains (JAMA Network Open, Olson et al. 2025). Côté temps, le tableau est plus modeste : une étude sur cinq systèmes portant sur 8 581 cliniciens a mesuré 16,0 minutes de documentation en moins pour 8 heures de patients programmées (JAMA, étude multisite 2026), et dans un essai randomisé, un scribe a réduit le temps moyen par note de 41 secondes alors que le groupe témoin gagnait 18 secondes de lui-même (NEJM AI, Lukac et al. 2025). La qualité des notes reste la question ouverte, avec des omissions dans 18% des brouillons d’IA examinés à l’UC Davis (JMIR Medical Informatics 2026). Pour le marché plus large de la documentation autour de ces outils, consultez nos statistiques sur la transcription médicale, et pour la charge de travail qui nourrit la demande, nos statistiques sur l’épuisement et les heures de travail des urgentistes. Nous avons agrégé des données issues de NEJM AI, JAMA, JAMA Network Open, JMIR Medical Informatics, JAMIA, The Permanente Medical Group, l’American Medical Association, Healthwatch England et KLAS Research.

TL;DR

  • Un essai randomisé de l’UCLA a attribué à 238 médecins l’un de deux scribes ambiants ou les soins habituels ; un seul scribe a battu le groupe témoin sur le temps par note (NEJM AI, Lukac et al. 2025).
  • Dans cinq systèmes universitaires, les adoptants ont gagné 16,0 minutes de documentation pour 8 heures de patients programmées, mais le travail hors horaires n’a pas changé de façon significative (JAMA, étude multisite 2026).
  • Les cliniciens de Penn ont réduit leur travail hors horaires de 50,6 à 35,4 minutes par jour (JAMA Network Open, Duggan et al. 2025).
  • L’épuisement professionnel est passé de 51,9% à 38,8% après 30 jours d’utilisation d’un scribe (JAMA Network Open, Olson et al. 2025).
  • La part des praticiens au-dessus du seuil élevé de fatigue au travail est passée de 56,1% à 35,4% dans un essai stepped-wedge (NEJM AI, Afshar et al. 2025).
  • Seulement 21,1% de 8 581 cliniciens avaient adopté un scribe, de 7,1% à 63,6% selon le site (JAMA, étude multisite 2026).
  • Les notes rédigées par l’IA contenaient des omissions dans 18% des cas et des hallucinations dans 11,5% de 356 notes examinées (JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026).
  • Les adoptants d’un scribe ont produit 1,81 unité de valeur relative de plus par semaine, soit environ 3 044 $ par médecin et par an (JAMA Network Open, UCSF 2026).
  • 61,8% de 12 153 adultes canadiens étaient réticents à un usage futur des scribes IA, et seulement 28,3% savaient que ces outils étaient utilisés (JAMIA 2026).
  • Le consentement des patients est passé de 81,6% après des informations de base à 55,3% après une présentation détaillée du stockage des données et de l’implication des fournisseurs (JAMA Network Open, NYU Langone 2025).
  • 81% des adultes britanniques souhaitent qu’on leur demande leur consentement avant l’utilisation d’un scribe IA (Healthwatch England 2026).

1. Essais randomisés : ce que montrent les preuves contrôlées sur le temps par note

Les preuves randomisées sont arrivées fin 2025, et elles recalibrent les attentes. Dans l’essai à trois bras de l’UCLA publié dans NEJM AI, les utilisateurs de Nabla ont raccourci la note moyenne de 41 secondes (de 4 minutes 30 secondes à 3 minutes 49 secondes), mais les médecins en soins habituels l’ont aussi raccourcie de 18 secondes sans aucune IA, et le bras DAX Copilot ne s’est pas distingué du groupe témoin. L’effet net par rapport au groupe témoin était de 23 secondes par note (41 moins 18), bien inférieur à ce que suggérerait la seule baisse brute avant-après, ce qui explique précisément pourquoi les groupes témoins comptent dans cette catégorie.

L’usage en explique une partie. Même dans un essai, les médecins n’ont activé le scribe que pour environ un tiers de leurs consultations, et environ 15% des médecins auxquels un scribe avait été attribué ne l’ont jamais utilisé. L’essai stepped-wedge de l’University of Wisconsin (un schéma dans lequel chaque clinique finit par recevoir l’outil, par vagues randomisées) a observé un usage bien plus intensif, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles ses effets semblent plus importants.

MétriqueValeurSource
Médecins randomisés entre DAX Copilot, Nabla ou les soins habituels (UCLA)238 dans 14 spécialitésNEJM AI, Lukac et al. 2025
Variation du temps moyen passé dans la note, par note : bras Nabla contre bras soins habituels-41 secondes contre -18 secondesNEJM AI, Lukac et al. 2025
Consultations où le scribe attribué a réellement été utilisé : bras DAX Copilot contre bras Nabla33,5% (8 271 sur 24 696) contre 29,5% (6 981 sur 23 653)NEJM AI, Lukac et al. 2025
Praticiens de l’essai stepped-wedge du Wisconsin et de l’Illinois et taux d’utilisation de l’IA ambiante pondéré par les notes66 praticiens, 16 593 consultations ; 71,0% d’utilisation (ET 31,6%)NEJM AI, Afshar et al. 2025
Part du contenu des notes saisie manuellement, avant contre pendant l’usage du scribe (Penn Medicine, 46 cliniciens dans 17 spécialités)11,2% à 7,9% (P < 0,001)JAMA Network Open, Duggan et al. 2025
Clôture des rendez-vous le jour même, avant contre pendant l’usage du scribe (Penn Medicine)66,2% à 72,4% (P < 0,001)JAMA Network Open, Duggan et al. 2025

Contexte : le bras DAX Copilot à l’UCLA a gagné 23 secondes par note, soit -1,7% par rapport au groupe témoin (IC 95%, -9,4% à +5,9% ; P=0.66). Un résultat non significatif dans un essai de deux mois ne prouve pas l’absence d’effet, mais il rappelle que les produits de scribe ne sont pas interchangeables.

2. Temps de DPI hors horaires : la promesse du temps pyjama mise à l’épreuve

Le « temps pyjama » désigne le travail sur le DPI (dossier patient informatisé, EHR en anglais) que les cliniciens effectuent en dehors des heures de consultation programmées, typiquement en terminant leurs notes chez eux le soir. C’est le résultat que les systèmes de santé veulent le plus faire bouger, et c’est là que les preuves divergent le plus. Dans l’étude JAMA sur cinq systèmes, le travail hors horaires n’a varié que de -3,1 minutes pour 8 heures de patients programmées, un résultat que l’intervalle de confiance (-6,8 à 0,5) ne permet pas de distinguer de zéro, et l’essai de l’UCLA n’a lui non plus trouvé aucun changement significatif hors horaires par rapport au groupe témoin.

Les résultats positifs proviennent de l’essai du Wisconsin, très utilisé, d’études monocentriques, d’enquêtes déclaratives ou d’un suivi plus long. L’étude avant-après de Penn a enregistré une baisse d’environ 15 minutes par jour, et une prépublication de Washington University a constaté que le temps pyjama n’avait pas bougé du tout au jour zéro mais était inférieur de 19% au jour 150. Lecture pratique : les gains hors horaires semblent dépendre d’un changement d’habitudes qui prend des mois, et non du simple fait d’activer l’outil.

MétriqueValeurSource
Travail hors des heures de travail pour 8 heures de patients programmées, adoptants contre non-adoptants (5 systèmes universitaires)-3,1 minutes (IC 95% -6,8 à 0,5), non significatifJAMA, étude multisite 2026
Travail hors des heures de travail, essai stepped-wedge-0,50 heure/jour (IC 95% -0,90 à -0,09 ; P=0.03)NEJM AI, Afshar et al. 2025
Travail hors horaires par jour, avant contre pendant l’usage du scribe (Penn Medicine, 46 cliniciens)50,6 à 35,4 minutes (P=0,02)JAMA Network Open, Duggan et al. 2025
Temps médian de documentation hors horaires, avant contre après l’adoption (Providence, 1 547 cliniciens)22,0 à 20,6 minutes ; baisse durable de 0,38 minute par mois (P=0,02), aucun changement immédiatJAMA Network Open, Husa et al. 2026
Temps pyjama au jour 150 contre avant l’adoption (220 cliniciens de soins primaires)-19% (IRR 0,81, intervalle 0,73 à 0,90) ; aucun changement au jour 0Prépublication medRxiv, Washington University 2026
Heures hebdomadaires déclarées de rédaction de notes hors des heures de clinique, avant contre après 30 jours4,95 à 4,05 heures (-0,90 heure ; P < 0,001)JAMA Network Open, Olson et al. 2025

Note sur les valeurs aberrantes : le résultat hors horaires de l’essai du Wisconsin est devenu non significatif (-0,19 heure, IC 95% -0,40 à 0,03) une fois exclus les 3% d’observations les plus élevées, ce qui signifie que quelques gros travailleurs du soir ont produit l’essentiel de l’effet.

3. Épuisement professionnel, charge cognitive et fatigue au travail

L’épuisement professionnel est le résultat sur lequel les scribes ambiants paraissent les plus convaincants, et il évolue plus vite que n’importe quelle mesure de temps. Dans l’étude Olson sur six systèmes, la prévalence de l’épuisement a chuté de 13,1 points de pourcentage en 30 jours (51,9% à 38,8% ; aOR 0,26, IC 95% 0,13 à 0,54 ; P < 0,001), tandis que la charge cognitive liée aux notes est passée de 7,10 à 4,46 sur une échelle de 10 points. Une lecture plausible est que le soulagement vient moins des minutes gagnées que de l’absence de saisie pendant l’écoute, ce qui expliquerait pourquoi l’épuisement s’améliore même là où le temps mesuré par les journaux varie à peine.

Le bémol tient à la conception. L’étude Olson n’avait pas de groupe témoin, et les enquêtes de Mass General Brigham et d’Emory ont obtenu des taux de réponse de 11% à 30%, de sorte que les utilisateurs les plus satisfaits sont peut-être surreprésentés. Les essais randomisés montrent aussi une amélioration, mais plus faible : à l’UCLA, le score composite d’épuisement Mini-Z s’est amélioré de moins de 3 points sur une échelle de 10 à 50 pour les deux scribes. Les médecins s’y attendent déjà : 70% voient dans l’IA un moyen d’automatiser les tâches qui contribuent à l’épuisement (AMA, enquête auprès des médecins sur l’intelligence augmentée 2026).

MétriqueValeurSource
Cliniciens déclarant un épuisement contre un épuisement sévère, avant contre après 30 jours avec le scribe (6 systèmes, 186 cliniciens dans les modèles d’épuisement)Épuisement 51,9% à 38,8% ; épuisement sévère 18,4% à 12,2% (post hoc, P = 0,01)JAMA Network Open, Olson et al. 2025
Charge cognitive liée aux notes, échelle de 10 points, avant contre après7,10 à 4,46 (P < 0,001)JAMA Network Open, Olson et al. 2025
Praticiens au-dessus du seuil élevé de fatigue au travail, début contre fin de l’essai56,1% à 35,4%NEJM AI, Afshar et al. 2025
Score composite d’épuisement Mini-Z (10 à 50), variation par rapport au groupe témoinDAX +2,83 (IC 95% +1,28 à +4,37) ; Nabla +2,69 (IC 95% +1,14 à +4,23)NEJM AI, Lukac et al. 2025
Cliniciens d’Emory déclarant un effet positif de la documentation sur le bien-être, variation absolue à 60 jours+30,7 points de pourcentage (taux de réponse à l’enquête de 11%)Mass General Brigham, You et al. JAMA Network Open 2025
Taux de réponse à l’enquête de Mass General Brigham à 42 jours contre 84 joursEnviron 30% contre 22%Mass General Brigham, You et al. 2025
Gain de satisfaction professionnelle à la Hattiesburg Clinic : premier fournisseur de scribe contre second fournisseur+17% contre +13%AMA, rapport sur les usages de l’IA par les médecins 2025

Contexte : l’épanouissement professionnel dans l’essai du Wisconsin a gagné 0,14 point (P=0.04), ce que les auteurs ont jugé non significatif parce que chaque critère co-primaire devait franchir le seuil P < 0.025.

4. Adoption : jusqu’où les scribes se sont répandus dans les systèmes de santé

Avoir accès à l’outil ne signifie pas l’utiliser. Dans cinq grands systèmes universitaires, seulement 21,1% des 8 581 cliniciens exerçant en ambulatoire avaient adopté un scribe IA, avec un écart de 7,1% à Mass General Brigham à 63,6% à Yale New Haven Health, et seulement 32% environ des adoptants l’utilisaient pour la moitié ou plus de leurs notes. Le tableau des enquêtes nationales est cohérent : la documentation est l’un des principaux cas d’usage de l’IA, mais moins d’un tiers des médecins utilisent l’IA pour les notes de consultation.

Là où l’adoption est élevée, elle devient une habitude. Parmi 102 médecins de médecine adulte et de médecine familiale de Permanente interrogés, les deux tiers utilisaient le scribe 5 jours ou plus par semaine et 63% l’utilisaient à chaque consultation en personne (The Permanente Medical Group, NEJM Catalyst 2025). L’écart d’adoption entre les systèmes tient donc moins à la question de savoir si les médecins apprécient l’outil qu’à la manière dont chaque organisation le déploie : dans 4 des 5 systèmes universitaires, les adoptants ont choisi eux-mêmes d’y participer, et le calendrier de déploiement s’est étalé de juin 2023 à août 2025.

MétriqueValeurSource
Médecins américains utilisant l’IA pour documenter les codes de facturation, les dossiers médicaux ou les notes de consultation28% (enquête auprès de près de 1 700 médecins)AMA, enquête auprès des médecins sur l’intelligence augmentée 2026
Médecins américains utilisant l’IA pour créer des consignes de sortie, des plans de soins ou des notes d’évolution30%AMA, enquête auprès des médecins sur l’intelligence augmentée 2026
Cliniciens ayant adopté un scribe IA dans 5 systèmes universitaires, global puis site le plus bas contre le plus haut21,1% (1 809 sur 8 581) ; 7,1% à Mass General Brigham contre 63,6% à Yale New Haven HealthJAMA, étude multisite 2026
Adoptants utilisant le scribe pour 50% ou plus de leurs notesEnviron 32% (577 adoptants)JAMA, étude multisite 2026
Cliniciens de Providence qui étaient des utilisateurs actifs d’IA ambiante, janvier 2024 contre mars 20250,1% à 28,8%JAMA Network Open, Husa et al. 2026
Médecins de l’UCSF ayant adopté un scribe contre part des consultations qu’ils ont traitées avec lui44,6% de 1 565 médecins contre 15,2% des consultationsJAMA Network Open, UCSF 2026
Médecins de Permanente ayant adopté le scribe dans les 10 premières semaines d’un déploiement en 20233 442 sur 10 000 invités, sur 303 266 consultationsAMA, rapport sur le pilote de Permanente 2024

Contexte : à Providence, les utilisateurs actifs ne représentaient qu’environ 8% de l’ensemble des cliniciens sur toute la période de l’étude, ce qui rappelle qu’un « déploiement » à l’échelle du système peut coexister avec une faible pénétration moyenne.

5. Productivité, facturation et question du retour sur investissement

L’argument financier est réel mais modeste. Les adoptants de l’UCSF ont généré 1,81 unité de valeur relative de plus par semaine (RVU, l’unité Medicare qui mesure le travail médical facturable), ce que les auteurs ont traduit par environ 3 044 $ par médecin et par an aux tarifs Medicare de 2025, sans différence dans les refus de remboursement (JAMA Network Open, UCSF 2026). Il s’agit d’estimations de revenus bruts, et non d’un retour sur investissement mesuré.

Le signal de facturation mérite d’être examiné de près. Une partie du gain en RVU peut venir d’une meilleure saisie d’un travail qui a toujours été fait, et une autre d’une intensité de codage accrue. Une validation de KLAS portant sur un fournisseur a montré que les codes de consultation de suivi de niveau 3 reculaient de 18,2% tandis que les codes de niveau 4 progressaient de 7,3% et ceux de niveau 5 de 5,0% à McLeod Health, et les auteurs de l’UCSF soulignent explicitement que les travaux futurs devront distinguer un codage exact du surcodage (upcoding).

MétriqueValeurSource
RVU par semaine, adoptants du scribe contre non-adoptants (UCSF, 1,2 million de consultations)+1,81 (IC 95% 0,86 à 2,75 ; P < 0,001)JAMA Network Open, UCSF 2026
Consultations de patients par semaine, adoptants contre non-adoptants (UCSF)+0,80 (IC 95% 0,05 à 1,56 ; P = 0,04)JAMA Network Open, UCSF 2026
Visites hebdomadaires supplémentaires et revenu mensuel exploratoire d’évaluation et de prise en charge par clinicien adoptant (5 systèmes universitaires)+0,49 visite (IC 95% 0,17 à 0,81), soit 1,7% de hausse ; 167,37 $ par mois (IC 95% 86,52 $ à 248,21 $)JAMA, étude multisite 2026
RVU médian, avant contre après l’adoption (Providence)382,3 à 399,1 (P < 0,001) ; aucun changement significatif du nombre de rendez-vous par jourJAMA Network Open, Husa et al. 2026
RVU de travail au jour 150 contre avant l’adoption (soins primaires)+2% (IRR 1,02)Prépublication medRxiv, Washington University 2026
Score de conformité du codage des diagnostics (CIM-10), de 0 à 10 : notes d’IA ambiante contre notes rédigées par des humains6,87 contre 5,94 (P<0.001)NEJM AI, Afshar et al. 2025
Temps passé dans les notes et gain net mensuel par prestataire à McLeod Health (validation propre à un fournisseur, Suki)-26,8% de temps dans les notes ; 1 004 $ de gain net par prestataire et par mois ; codes de consultation de suivi de niveau 3 : -18,2%KLAS Research, Suki ROI Validations 2026 (rapport propre à un fournisseur, relayé par HIT Consultant)

Contexte : les chiffres de KLAS décrivent les clients d’un seul fournisseur et ne constituent pas une référence pour la catégorie ; FMOL Health, dans le même rapport, a enregistré une réduction de 21% du temps passé dans les notes.

6. Exactitude des notes, erreurs et charge de relecture

L’audit en conditions réelles le plus détaillé à ce jour vient de l’UC Davis, où des évaluateurs ont lu 356 des 7 545 notes rédigées par l’IA. Des omissions sont apparues dans 18% des notes examinées et des hallucinations (contenu rédigé par l’IA qui n’avait pas été dit pendant la consultation) dans 11,5%, tandis que 5,3% comportaient des erreurs jugées présenter un risque grave ou imminent (JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026). Autrement dit, 19 des 356 brouillons échantillonnés nécessitaient une correction importante pour la sécurité, ce qui explique pourquoi les auteurs concluent que la relecture par le clinicien reste nécessaire.

Les taux d’erreur dépendent fortement de qui compte et de la manière de compter. Un audit publié en prépublication en août 2026 sur trois scribes commerciaux a trouvé une défaillance vérifiée dans 31,3% des notes, tout en montrant que, selon la norme de relecture utilisée, entre 28% et 97% des notes échantillonnées comportaient une défaillance (prépublication arXiv 2026). Des résultats antérieurs, plus favorables, provenaient du pilote de Permanente de 2024, qui a noté 35 transcriptions en moyenne 48 sur 50 sur l’exactitude et les mesures associées, et de l’essai du Wisconsin, qui a relevé un langage stigmatisant dans moins de 1% des notes (12 notes). La couche de transcription sous-jacente à ces notes présente ses propres écarts d’exactitude selon le locuteur, abordés dans nos statistiques sur le biais d’accent en reconnaissance vocale.

MétriqueValeurSource
Notes rédigées par l’IA et examinées comportant des omissions accidentelles (UC Davis, 356 notes)18% (64 notes)JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026
Notes examinées comportant du contenu halluciné11,5% (41 notes)JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026
Notes examinées comportant des ajouts accidentels contre un biais9,3% (33 notes) contre 1,1% (4 notes)JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026
Notes examinées comportant des erreurs jugées de risque grave ou imminent (gravité 4 à 5)5,3% (19 notes)JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026
Part médiane des mots générés par l’IA modifiés par les médecins contre notes laissées sans modification9,0% contre 14,9% (143 sur 960)JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026
Qualité globale des notes sur l’échelle PDQI-9, consultations simulées de spécialistes (VA, 2 produits)36,2 sur 50 ; exhaustivité, l’élément le plus faible, à 3,4 sur 5JAMA Network Open, étude de simulation de la VA 2026
Notes comportant au moins une défaillance vérifiée, 3 scribes commerciaux, 142 consultations (prépublication)31,3% [27,0 ; 35,6]Prépublication arXiv 2026
Fréquence d’inexactitudes cliniquement significatives évaluée par les médecins, échelle de 5 points (2 = rarement, 3 = occasionnellement)DAX 2,7 ; Nabla 2,8 ; un événement indésirable bénin dans l’essaiNEJM AI, Lukac et al. 2025

Contexte : l’étude de la VA a nommé les types d’erreurs que les cliniciens redoutaient le plus, notamment des constatations d’examen physique fabriquées et des négatifs pertinents omis, et un participant d’hématologie-oncologie les a qualifiés de « gros problèmes de sécurité ».

7. Acceptation par les patients et consentement

Dans les cliniques américaines, les patients disent rarement non. Dans l’essai du Wisconsin, 99,92% des patients ont consenti à l’enregistrement ambiant, avec seulement 22 refus (NEJM AI, Afshar et al. 2025). Les enquêtes auprès du public racontent une histoire plus prudente, et l’écart tient surtout à l’information : le confort diminue quand les patients apprennent où va l’audio et quelles entreprises sont impliquées.

L’étude de NYU sur le consentement montre directement cet effet. Le consentement atteignait 81,6% après des informations de base sur la technologie, mais 55,3% après une explication détaillée des fonctions d’IA, du stockage des données et de l’implication des entreprises (JAMA Network Open, NYU Langone 2025). Au Royaume-Uni, le confort chute de 48% pour un bilan de santé de routine à 23% pour une consultation portant sur les violences conjugales (Healthwatch England 2026). Les échanges sur le consentement en contexte multilingue ajoutent une couche supplémentaire, abordée dans nos statistiques sur les interprètes médicaux en hôpital.

MétriqueValeurSource
Patients du pilote de NYU à l’aise avec la documentation ambiante au départ (103 patients)74,8% (77 patients)JAMA Network Open, NYU Langone 2025
Patients du pilote de NYU qui consentiraient après des informations de base contre après une présentation détaillée des fonctions d’IA, du stockage des données et de l’implication des entreprises81,6% (84) contre 55,3% (57)JAMA Network Open, NYU Langone 2025
Patients du pilote de NYU qui ne voulaient pas que leurs données soient partagées avec le fournisseur59,2% (61 patients)JAMA Network Open, NYU Langone 2025
Adultes canadiens réticents à un usage futur d’un scribe IA contre conscients que des scribes IA sont utilisés (12 153 adultes)61,8% contre 28,3%JAMIA, Chandrasekaran et Moustakas 2026
Adultes britanniques qui veulent que les cliniciens demandent leur consentement avant d’utiliser un scribe IA (4 039 adultes)81%Healthwatch England, sondage YouGov 2026
Adultes britanniques ayant eu un rendez-vous récent qui ignoraient qu’un scribe IA était utiliséPrès de 90% de 2 795Healthwatch England, sondage YouGov 2026
Adultes britanniques plutôt ou très à l’aise avec un scribe IA : bilan de santé de routine contre consultation pour violences conjugales48% contre 23%Healthwatch England, sondage YouGov 2026
Patients de Permanente à l’aise contre mal à l’aise avec le scribe (118 patients)Deux tiers contre 8% (26% neutres)The Permanente Medical Group, NEJM Catalyst 2025

Contexte : au Royaume-Uni, le soutien à un déploiement à l’échelle du NHS est presque également partagé, 38% pour et 37% contre, et l’opposition forte (21%) est presque deux fois plus élevée que le soutien fort (11%).

Résumé : le scribe médical IA ambiant en chiffres

MétriqueValeurSource
Épuisement avant contre après 30 jours d’utilisation du scribe (6 systèmes)51,9% à 38,8%JAMA Network Open, Olson et al. 2025
Praticiens au-dessus du seuil élevé de fatigue au travail, début contre fin de l’essai56,1% à 35,4%NEJM AI, Afshar et al. 2025
Temps de documentation pour 8 heures de patients programmées, adoptants contre non-adoptants-16,0 minutes (environ -10%)JAMA, étude multisite 2026
Variation du temps moyen par note : bras Nabla contre groupe témoin (randomisé)-41 secondes contre -18 secondesNEJM AI, Lukac et al. 2025
Travail hors horaires par jour, Penn Medicine50,6 à 35,4 minutesJAMA Network Open, Duggan et al. 2025
Temps pyjama au jour 150, soins primaires (prépublication)-19%Prépublication medRxiv, Washington University 2026
Cliniciens ayant adopté un scribe dans 5 systèmes universitaires21,1%JAMA, étude multisite 2026
Utilisateurs actifs d’IA ambiante à Providence, janv. 2024 contre mars 20250,1% à 28,8%JAMA Network Open, Husa et al. 2026
Médecins utilisant l’IA pour les codes de facturation, les dossiers ou les notes de consultation28%AMA, enquête auprès des médecins sur l’intelligence augmentée 2026
RVU par semaine, adoptants contre non-adoptants (UCSF)+1,81JAMA Network Open, UCSF 2026
Revenu supplémentaire estimé par médecin et par an (UCSF)Environ 3 044 $JAMA Network Open, UCSF 2026
Notes d’IA examinées comportant des omissions / hallucinations / erreurs de risque grave ou imminent18% / 11,5% / 5,3%JMIR Medical Informatics, UC Davis 2026
Notes comportant une défaillance vérifiée, 3 scribes commerciaux (prépublication)31,3%Prépublication arXiv 2026
Consentement des patients à l’enregistrement ambiant (essai américain)99,92%NEJM AI, Afshar et al. 2025
Consentement des patients après une présentation détaillée contre des informations de base (NYU)55,3% contre 81,6%JAMA Network Open, NYU Langone 2025
Adultes canadiens réticents à un usage futur d’un scribe IA61,8%JAMIA 2026
Adultes britanniques souhaitant qu’on leur demande leur consentement81%Healthwatch England 2026

Méthodologie et sources

Nous avons privilégié les essais randomisés et les études évaluées par des pairs menées dans des systèmes de santé, n’avons utilisé les communiqués de presse que lorsqu’ils résumaient un article nommé, et avons signalé comme tels les prépublications et les rapports propres à un fournisseur. Aucun chiffre de ce tour d’horizon ne provient de données VoxBooster.

Dernière mise à jour : 24 octobre 2026. Nous actualisons ce tour d’horizon chaque trimestre, et la prochaine révision est attendue lorsque l’AMA publiera son enquête 2027 auprès des médecins sur l’intelligence augmentée.

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